mardi 15 mai 2012

De la croissance à l'accroissens ...

Du discours de notre nouveau président ce matin je retiens cette phrase prononcée à la 8 ème minute:
"Pour surmonter la crise qui la frappe, l'Europe a besoin de projets, de solidarité, de croissance".
Le mot croissance prononcé une seule fois ...  une fois de trop ?


Je retiens aussi tous les mots qui n'ont pas été prononcés... par exemple nucléaire, Fukushima, Japon, catastrophe. Ces mots auraient pu être prononcés, ils auraient dû l'être si le discours avait été celui d'un "président de la Terre".
Le temps pour qu'un président d'un pays parle et parte des questions prioritaires et globales n'est pas venu. J'aurai aimé dans la lignée d'un JF Kennedy et à l'heure d'internet une phrase du type:
"Ne demandez pas ce que la France peut faire pour vous, ni même ce que vous pouvez faire pour la France mais plutôt ce que vous pouvez faire pour le monde et les personnes que vous rencontrez et voyez au quotidien"
Dommage !

A mon avis c'est reculer pour mieux sauter car ces priorités vont très bientôt s'imposer et vont enfin amener tous nos politiques vers des solutions dites "non-conventionnelles".

Mais revenons-en au mot croissance.
Il est surprenant de constater que 5 ans plus tôt dans le discours d'investiture de Nicolas Sarkozy ce mot n'était pas du tout prononcé. La crise n'avait pas encore "frappé".
Mais, de quelle croissance nous parle François Hollande ? :
- est-ce la croissance du PNB dont on sait qu'elle n'a pas de sens, qu'elle nous mène droit dans le mur de la limite des ressources naturelles ?, dans le mur aussi du système de création monétaire et des abus de la spéculation tant dénoncée  ?
- est-ce la croissance de l'économie, des entreprises, du chiffre d'affaire et des résultats ?

Cela personne ne le précise ... trop paradoxal ou incohérent de prôner la croissance pour sortir de la crise alors que c'est cette croissance, tout du moins une croissance aveugle qui nous y a plongé.
( cf "la scupidité" dont il est question ici )

Alors pourquoi ne pas parler de l'acroissens en lieu et place de la croissance ?
L'accroissens ce serait une quête, une quête permanente de chaque être humain, de chaque institution, communauté ou pays vers plus de sens, d'humanité, d'intelligence, de compréhension, de connaissances, d'humilité, de conscience, de partage et d'amour. Contrairement à la croissance qui est le "graal" des entreprises et politiques de tout poil, cet accroissens serait difficile à mesurer... il ne pourrait se mesurer que dans les regards et dans les coeurs.

L'accroissens aurait bien évidemment la priorité sur la croissance ... tout le temps !
Voici un extrait d'Amélie Poulain pour illustrer ce qu'est l'accroissens:



mardi 6 mars 2012

Des "Creative Commons" aux "Move Commons" : une histoire de communs et de partage

Connaissez vous les 6 licences "Creative Commons" ?  pas encore ? Un petit tour sur leur site sera peut-être nécessaire pour en saisir le sens et pour apprendre à les utiliser avec pertinence.
Aussi cette petite vidéo traduite sera utile :


Selon wikipédia : "L’objectif recherché est d’encourager de manière simple et licite la circulation des œuvres, l’échange et la créativité. Creative Commons s’adresse ainsi aux auteurs qui préfèrent partager leur travail et enrichir le patrimoine commun (les Commons) de la culture et de l'information accessible librement. L'œuvre peut ainsi évoluer tout au long de sa diffusion.
Les personnes souhaitant autoriser la communication au public de leur œuvre uniquement contre une rémunération devront retenir le système général du droit d’auteur et non les licences Creative Commons.
Toute personne qui a créé une œuvre (texte, musique, vidéo, site Web, photographie, etc.) et qui a la capacité de signer un contrat portant sur cette œuvre peut utiliser l’un des contrats Creative Commons. A contrario il n’est pas possible d’utiliser un contrat Creative Commons pour une œuvre sur laquelle on ne dispose pas de l’ensemble des droits."

L'usage de ces licences a progressé exponentiellement, fin 2010 c'est plus de 400 millions d'oeuvres qui étaient comptabilisés sous licences creatives commons dont 40% libres.

 Mais au-delà des chiffres et des courbes, cette initiative est précurseur de la culture du partage qui émerge sous nos yeux dans tous les plans de la société . Il suffit pour s'en rendre compte d'aller sur le site international des creative commons et de constater que ce qui est à l'honneur... est l'initiative "Why Open Education Matters" soutenue par le ministère de l'éducation américain ainsi que "l'Open Education Week" qui a lieu cette semaine.

Cette culture du partage est en train d'atteindre un point de non retour et commence à questionner les institution traditionnelles, les modèles économiques et chacun de nous.

Dans la lignée des licences creative commons voici une nouvelle initiative à encourager : il s'agit de "Move Commons". Cette fois l'enjeu n'est pas autour du partage et de la diffusion des oeuvres numérique, bien que liés, mais autour du partage de valeurs au sein de projets, d'initiatives, de collectifs :
 Ce "Move Commons" est encore jeune et probablement perfectible mais me semble-t-il promis a un bel avenir.
Je pense que des projets qui s'inscrivent de part leurs "gènes" dans le libre et le durable devraient se pencher sur la question et peut être de devenir usager de cet outil efficace pour passer à l'échelle et diffuser les nouvelles pratiques de partage (par exemple MOVILAB )

dimanche 18 décembre 2011

La curation ... avec scoop-it

La curation ce n'est pas un très joli mot en français. Il est comme souvent récupéré de l'anglais.
Il recouvre une tendance à venir et émergente du Web ou le besoin de filtrer et de créer du sens est de plus en plus fort.
Beaucoup se sentent submergés par l'information, par son ubiquité et surtout par le bruit :  mails, réseaux sociaux, "smartphones", tablettes, sans oublier les vieux médias TV, radio ...
Dans ces conditions de nouveaux outils web de "Curation" commencent à émerger (un an d'âge). Ces outils permettent à des curateurs ( j'en suis un ) de filtrer et de mettre en valeur de l'information ou plutôt de créer ou recréer du sens.
Voici une liste de ces outils.

Pour ma part j'utilise SCOOP-IT pour à la fois veiller et proposer du sens à ceux qui me suivent sur 3 sujets:
1 -  Le besoin de reconsidérer la formation et l'enseignement
2 -  Le besoin de mesurer d'autres richesses au travers de nouveaux indicateurs, notations, monnaies
3 -  Mieux comprendre et expérimenter ce que j'appelle la "Propagation Organique" 

samedi 12 mars 2011

L'obsolescence programmée des produits

Ce brillant documentaire devrait être passé dans toutes les écoles, en particulier les plus grandes, et aussi dans les entreprises !!

vendredi 11 juin 2010

Le monde s'en va-t-en guerre (ne sait quand reviendra)

505034468.jpgCe qui est marquant dans l'excellent livre de Philippe Dessertine ce n'est pas l'analyse brillante, lucide et libre qu'il nous propose mais beaucoup plus les conclusions auxquelles il arrive vers la fin du livre ainsi que le ton du livre beaucoup plus direct et moins "diplomate" que les interventions que l'on peut voir de lui (cf vidéos france Info par9782843375392.gif exemple). C'est pour cela qu'il faut lire ce livre ainsi que son précédent aussi : "Ceci n'est pas une crise, juste la fin d'un monde"
Mais qui est Philippe Dessertine ? On apprend sur wikipédia que Philippe Dessertine est dans "l'establishment", directeur de l'Institut des Hautes Finances et membre de la commission sur le grand emprunt Rocard/Juppé.
Au delà de ces quelques infos de wikipédia voici une vidéo de lui qui présente le livre... mais qui ne met pas du tout en avant son coté subversif et révolutionnaire:


Urgences, évolutions de fond:
1) stopper la spirale de la dette venant des US
2) imposer plus de transparence à la Chine
3) se plonger dans le numérique
Voici quelques passages détonnants je trouve au delà des banalités traditionnelles et qui amènent beaucoup de questions :
A propos de la mondialisation:
" La mondialisation est l'élévation concrète, pièce par pièce, du niveau de vie des populations occidentales dans leur totalité. Cette vérité peut être assénée de la sorte: la totalité des peuples dominants a profité de l'exploitation des esclaves de ces pays émergents présentés aujourd'hui comme une menace diffuse - soyons positifs : des esclaves affranchis. La mondialisation a débuté dès la fin des colonies, avec la perspective d'une libération progressive. Mais le plus tard possible. Il se trouve que le terme est arrivé."
"L'illusion doit être dissipée. La mondialisation est le redécoupage d'un gâteau, un peu plus grand, mais pas beaucoup. En clair, une telle approche suppose le transfert d'une zone à l'autre. Pour que les pauvres deviennent plus riches, il faut que les riches (nous) deviennent (un peu) plus pauvres."
"Oui les usines sont créées dans des zones de très, très haute pauvreté. Voilà la vérité. Et les gens démunis qui seront embauchés seront payés à des salaires ridicules, mais à l'arrivée, ils seront un tout petit peu plus riches qu'auparavant. Et ce tout petit peu signifie beaucoup les concernant, figurez-vous."
A propos du capitalisme, de la confiance, de la démocratie:
"Au fond, ce que redoute par dessus tout le financeur, c'est la surprise. Même bonne, car elle est symétrique de l'autre situation, la mauvaise nouvelle imprévue, ou du moins non annoncée. Nous avons gagné plus qu'attendu, vous allez être content !  Pourquoi devrais-je être content ? Vous même ne l'aviez pas anticipé ? "
"La vérification est continuelle, le flux d'informations ne doit pas se ralentir, les données sont échangées aussi souvent que nécessaire, en privilégiant d'abord celles qui pourraient influencer les profits futurs, donc la valeur finale de l'investissement. Plus les informations sont précises, continues, fréquentes, plus les hypothèses peuvent être sans cesse comparées, revérifiées, affinées. Ainsi s'instaure la confiance. Il est passionant de constater combien la logique d'économie de marché est l'alliance d'une expression réductrice des rapports humains: la rentabilité, le gain espéré, froid, basique; en contrepoint d'un ingrédient majeur, inconstant, évanescnet, parfois très irrationnel d'apparence: la confiance."
" Oui le capitalisme a une parenté, parfois incestueuse, avec la démocratie, avec la liberté, en particulier avec la liberté d'informer. Pour autant ne nous laissons pas bercer par une illusion candide, mot d'ailleurs abhorré par tout businessman digne de ce nom. Les acteurs principaux n'ont pas pour mission de défendre le système en général. Il est souvent étrange de juxtaposer des termes ayant si peu de capillarité: "entreprise citoyenne", "capitalisme moral".
"il ne s'agit pas d'introduire de la générosité ou l'altruisme dans un univers qui est incapable d'intégrer pareille dimension dans son raisonnement."
Cette anecdote pour illustrer:
"Les conseillers de Roosevelt, effrayés de la réputation désastreuse de Kennedy, suggérèrent que le choix (d'un patron de la Securities & Exchange Commission - SEC) n'était pas pertinent. Roosevelt leur répondit: pour encadrer ce monde de pourris, j'ai pris le meilleur d'entre eux."
"La synthèse impossible consisterait à unir capitalisme et humanisme. Mais il s'agit là d'une utopie pas même souhaitable. Le mariage de la carpe et du lapin ne rendrait heureux ni l'une ni l'autre. L'illusion d'une morale partagée par tous, dans le monde des affaires, relève d'un idéalisme naïf."
A propos de la finance et de ses errements:
Quand l'argent est trop abondant en regard des projets, y compris dans une période de forte croissance, il finit par produire des opérations intriinsèques. On pratique des LBO en cascade, parce que les institutions n'aspirent qu'à prêter encore plus, afin d'augmenterle rendement de l'épargne qui leur est confiée. Le diagnostic est sans appel. La finance devient l'inverse de ce qu'elle devrait être: elle pompe le profit général provenant d'une création de richesse réelle, elle le maintient à l'intérieur de ses propres mécanismes, elle l'empêche de se rediriger vers l'activité et surtout vers les investissements internationaux. La finance ne peut compenser par sa logique les aberrations du système. Pire, elle aura tendance à les amplifier, à en ramifier les conséquences. Trop d'argent dans les rouages crée trop de bébéfices pour la finance. La réglementation des rémunérations n'a pas grand sens. Le seul point d'entrée est de limiter l'afflux de fonds."
Au sujet de la transparence:
"La recherche de la transparence a pour enjeu la paix. La non-transparence peut nous entraîner à la guerre, comme elle l'a fait dans les années 30."
"Le premier des acteurs devant se soumettre au principe de la transparence est bien le sommet du système : L'état"
Enfin et surtout un sujet tabou : "la décroissance"
"...nous prenons conscience de l'impasse de notre logique, qui deviendrait un terrible frein si toute la population humaine devait adopter notre mode de vie."
"Les américains sont contents, ils dévorent toujours plus, et s'ils s'arrêtent, s'il leur prend la sotte idée d'épargner, toute la planète commence à tousser. Poussons jusqu'à l'absurde: il faudrait que les riches cessent de travailler parce que le travail est une perte de temps en matière de consommation. Quand on travaille on ne dépense pas. Quel dommage ! On ne propose pas assez de débouchés au peuple des esclaves, en bas, dans la soute, qui vit mieux quand nous mangeons davatage. La mondialisation comme on la rêverait, celle que défendent dans un bel ensemble syndicats, patrons et politiques des pays développés: plus nous deviendront riches, plus nous aideront les pays pauvres, plus ils s'enrichiront."
"La toute première impasse provient de notre beau style de vie à l'occidentale. Paradis à toutes les heures et absurdité presque infinie: concentration des populations dans des cités gigantesques, transports incessants des masses laborieuses, engorgement quotidien de toutes les périphéries urbaines...utilisation de techniques intensives, chimiques ou mécaniques, maniées par quelques minoritaires..."
Il s'agit, ni plus ni moins, de toucher au dogme et de se mettre autour de la table et de ne pas s'écarter de cette idée: arrêter la croissance, fonctionner en marche arrière pendant un certain temps, regarder quelles en seraient les conséquences, ne pas les repousser, mais voir comment les gérer, au mieux.
"PROFITONS de l'urgence écologique, entendue par la population, profitons-en pour inventer le nouveau modèle, celui qui permettrait d'anticiper le déclin irrémédiable de la domination de l'Occident. Pensons à la vraie réduction du PIB, à une croissance négative durable, mais gérée, pour qu'en découle u autre modèle, plus extensible, plus universel, que pourraient s'approprier les générations futures de la planète entière."
Il y a beaucoup d'autres passages très forts dans ce livre brulôt .... alors n'attendez pas lisez le, faites vous votre opinion et tirez en les conséquences ...

jeudi 13 mai 2010

Scupidité ? Intelligence Collective ? qui l'emportera des deux ?

Je ne vais pas revenir sur cette désormais fameuse notion d'Intelligence Collective. Je vous laisse lire sa définition sur wikipédia ou encore lire cet excellent document de Jean-François Noubel sur les différents types d'Intelligence Collective: Intelligence collective, la révolution invisible.
Mais la "scupidité" c'est quoi ?  hé bien comme son nom l'indique ce néologisme mêle la cupidité et la stupidité.
Une définition (qui aurait toute sa place dans le dico du futur d'Anne-Caroline Paucot) pourrait être:
"La Scupidité est une caractéristique, une propension latente des hommes qui provient sans doute de la peur ancestrale de manquer, peut-être de la peur de la mort. Cette caractéristique est le résultat de la cupidité individuelle (aussi collective) qui a atteint son apogée à la fin du 20ème siècle et qui a conduit à une stupidité collective que nous vivons aujourd'hui et pour encore quelques années. Elle résulte aussi d'un monde dans lequel la recherche de "l'être" (plutôt que de "l'avoir"), du sens et de la spiritualité est passé au deuxième voire au dernier plan, un monde dans lequel l'émerveillement, le questionnement et le mystère sont devenus absents pour une trop large majorité de personnes."
ali-baba-et-les-40-voleu-ii06-g.jpgElle devient évidente lorsque l'on n'agit plus que pour avoir et qu'il faut avoir pour pouvoir agir... la boucle est bouclée.  
Dit autrement et au travers d'exemples:
je travaille pour avoir de l'argent ... et sans argent ou sans assez d'argent je ne peux rien faire
je m'exprime pour avoir un nouveau mandat politique, il me faut un (ou plusieurs) mandat pour agir
La scupidité s'exprime et se traduit par l'accumulation (de biens, de mandats, d'argent ...) bien au delà du nécessaire, du suffisant au détriment du collectif, des biens communs, de l'environnement.
Cette scupidité nous a conduit a des comportements collectifs abberrants, destructeurs et stupides en dépit du bon sens. Pour n'en citer que quelques-uns récents ou non:
- la marée noire en cours près de la Louisianne qui aurait pu être évitée si BP (comme toutes les autres entreprises) ne pensait pas uniquement en terme de profits) et si les règlements avaient été plus stricts.
- la crise monétaire et le système monétaire actuel qui conduit à laisser des populations dans la misère et d'autres dans l'accumulation
- la destruction des Indiens d'amérique
- destruction de la biodiversité (forêt amazonie, abeilles en danger, ...etc)
Heureusement si l'on en croit cet excellent article et le MIT l'avenir de l'humanité repose sur l'intelligence collective et sur la technologie son support de développement. Par ailleurs cette intelligence collective s'accroit de manière exponentielle ... gardons l'espoir! plus que quelques années (mois ?) avant d'atteindre le point de bascule qui nous fera basculer de la scupidité vers l'Intelligence Collective. Sinon gare !  l'intelligence artificielle supplantera l'intelligence collective !

"L'intelligence artificielle se definit comme le contraire de la bêtise naturelle." Woody Allen
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jeudi 18 juin 2009

2009-2020 ... petite histoire d'Aurélie et ses 5 monnaies

En 2009 et 2010:
usdollar07.jpgLa crise n’est pas encore appelée « La Grande Crise ». Aurélie, 49 ans, vit à Saint-Etienne elle vient d’être mise à la porte de l’entreprise dans laquelle elle était en charge du service import/export. L’entreprise industrielle fera faillite en 2010.
Reclassement, chômage, aides diverses… rien n’y fait Aurélie ne retrouve pas d’emploi salarié. Difficile de vivre et même survivre dans un monde ou l’Euro est de plus en plus rare et difficile à gagner et ou tout est conçu pour consommer et dépenser facilement… Pourtant Aurélie est riche de son temps, de son énergie, des compétences accumulées, de son réseau relationnel, de sa culture…

Pour pallier à l’effondrement du système bancaire mondial et à la faillite de nombreux états (Islande, UK, USA, Espagne…) des monnaies jusqu’alors embryonnaires ont commencé à proliférer de part le monde. Le monopole de la création monétaire, qui relevait du système bancaire jusqu’en 2010, est tombé.

De 2011 à 2019:
Les nouvelles monnaies, des millions, portées par des régions, des entreprises, des villages ou des communautés permettent à des richesses de continuer à s’échanger. Les transactions monétaires se font pour la plupart par le biais du téléphone et d’internet. Les systèmes bancaire, monétaire et capitaliste mutent et sont transformés en une multitude de systèmes complexes et instables. A partir de 2015/2016 des modèles d'organisation et de vie plus stables, des valeurs nouvelles émmergent dans différentes régions et au sein de quelques communautés. La pauvreté commence à reculer sensiblement dès 2019.

Aujourd’hui, en 2020:

Aurélie a 60 ans, elle vit près de Lille et a plusieurs activités dont elle tire beaucoup de bonheur et de joies. Celles-ci lui permettent de bien vivre et aussi de contribuer au développement de ses proches, voisins et amis.
Pendant « La Grande Crise » (2008-2018) elle a appris à utiliser, à jongler même, avec 5 monnaies différentes :

==>    La plus ancienne de ces monnaies, l’Euro, elle ne l’utilise que lorsqu’elle voyage. Hormis la très maigre retraite en euros qu’elle perçoit de l’Europe, pour Aurélie l’euro est une monnaie de dépense uniquement. Elle doit souvent convertir des « Chtis » (la monnaie de la région Nord) lorsqu’elle voyage en dehors de la région, en train la plupart du temps.

==>    Les Chtis, c’est sa monnaie régionale, elle en gagne en prenant soin de plusieurs personnes très âgées 4 demi-journées par semaine soit à leur domicile soit dans une maison de vie ouverte sur la ville. (voir aussi ici, et encore )

==>    Le compagnon d’Aurélie, Alex, possède un petit jardin de Noé dont la production dépasse largement leurs besoins. C’est Aurélie qui se charge de la vente des légumes. La monnaie utilisée c’est l’AMAP qui au départ n’était qu’une monnaie transrégionale d’achat et vente de fruits et légumes et qui désormais est très souvent utilisé dans tout le secteur alimentaire. Les boulangers, la plupart des commerçants et certains artisans l’acceptent et ce dans toutes les régions francophones et même dans quelques régions voisines (Grand Londres, pays frontaliers.)

==>    Dans son petit village près de Lille, le conseil municipal a décidé il y a très peu de temps de lancer sa propre monnaie locale, le SOL comme dans beaucoup d’autres villages. Aurélie l’a utilisé au début pour voir. Elle en a gagné en rendant quelques services (garde d’enfants et cours d’anglais), mais le problème c’est qu’elle ne peut les dépenser que dans son village. Elle a plutôt tendance à privilégier les autres monnaies qui sont plus courantes et acceptées.
Pour les monnaies il y a une sorte de concurrence et il y a une prime aux plus anciennes qui ont émergées entre 2010 et 2015 et qui se sont largement répandues tant les besoins en matière d’échange de richesses étaient importants et non satisfaits.

Pour tous ces échanges monétaires Aurélie utilise à 90% son « connecteur » une sorte de téléphone/ordinateur de poche qui sert à la fois à payer et à percevoir. C’est très simple, tout fonctionne par reconnaissance vocale mais certaines personnes (surtout des jeunes) commencent à se faire implanter ce petit appareil qui, entre autre chose, alerte directement le cerveau lorsque certaines limites de crédit ou seuils sont proches d’être atteints ou atteints. Pour Aurélie il n’est pas question de se le faire implanter même si cela pourrait être pratique pour ce qui concerne la vérification de son ton taux de cholestérol. Aurélie ne va jamais à la banque, d’ailleurs celles-ci depuis la Grande Crise sont en voie de disparition…

==>    Enfin il y a l’UNIV et l’AURA qui sont beaucoup plus qu’une monnaie. Au départ il existait une multitude de monnaies dites de réputation ou recommandation, de remerciement ou de bonus qui circulaient sur internet et aussi via le téléphone portable auprès de différents sites et services (Facebook, eBay, Amazon, Air Europe, …) ou à l’initiative de chacun.
Depuis 6 mois des standards « d’interopérabilité » font que tout est converti automatiquement en « UNIV ».aura.jpg
Pour augmenter son compte en UNIV c’est simple il suffit de commenter, donner un avis aussi bien sur des produits ou des services (publics ou non) que sur des personnes, des lieux, des idées. Tout est calculé et convertit automatiquement via internet à partir du langage naturel, des écrits (commentaires, votes…) ou des achats que l’on effectue. Les comptes « UNIV » de tout le monde sont visibles par tous. On peut aussi donner des UNIV a qui l’on veut. A partir de ses gains et de ses dons en UNIV est calculé selon un algorithme universel l’AURA de chacun. L’AURA est composée d’une couleur, d’une tendance et d’un historique qui indiquent le niveau de confiance que l’on peut avoir en quelqu’un.